La danse symbolique des derviches.
 
 





Le shaykh était assis sur le tapis rouge, signifiant par là que l’Unité est toujours là, accomplie, mais en attente. Voyant les derviches animés du désir sincère d’accomplir le Grand Œuvre, il se lève et répond pour ainsi dire par une affirmation à la demande des derviches qui s’avancent vers lui, s’inclinent, et lui baisent la main, un par un. Ils demandent ce faisant la permission de danser. Mais en même temps, ils prennent l’attachement à la voie initiatique, la "baraka", qui est la transmission de l’influence spirituelle donnée par le maître qui, ensuite, baise la coiffe du derviche. Ainsi celui-ci bénéficiera de la force spirituelle qui le protégera des épines de la voie et qui favorisera l’éclosion de la rose, symbole suprême de l’Unité. En fait, la demande de permission de danser, et l’accord par le Maître de cette permission qu’est l’initiation, signifient tout simplement le renouvellement du pacte primordial, dont nous avons parlé.
 
 

Ensuite les derviches, les bras croisés, les mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, puis étendent les bras, la main droite tournée vers le ciel et la main gauche tournée vers la terre. Ces deux positions des bras, d’abord pliés, ensuite étendus correspondent respectivement à deux états (ahval) initiatiques sur la voie. La position des bras croisés les mains posées sur les épaules est l’état de contraction (qabd). L’ouverture de la danse est un état de resserrement, car l’impureté fait encore obstacle à la croissance.
 
 

Ainsi les bras ouverts, la main droite tournée vers le ciel et la main gauche vers la terre le derviche symbolisera l’Axe de l’Univers, qui n’est autre que l’Arbre de Vie. La main droite recueillera la grâce du ciel et la répandra sur la terre par la main gauche tournée vers celle-ci. L’expansion des bras symbolise la pureté atteinte, Il n’y a plus d’impureté qui empêche la juste circulation des énergies dans les deux sens. A travers l’organe central qu’est le cœur, le chaos du début se transformera en une énergie cohérente, aptitude à recevoir et à donner, qui est l’Amour. Tout en tournant autour d’eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers à l’échelle macrocosmique et microcosmique. C’est l’homme qui tourne autour de son centre, qui est son Cœur, et ce sont les astres qui gravitent autour du soleil. Ce double symbolisme cosmique recèle le véritable sens du SEMÂ : c’est la création entière qui tourne autour d’un centre unique et invisible.
 
 

Les deux premières danses sont effectuées en commun, la troisième se fait individuellement, car ici le temps est dépassé. Le nombre 3 exprime que la dualité, la chute dans le temps sont vaincues. Donc ce nombre 3 signifiera la " restitution de l’état primordial ", l’état où l’homme recouvre le sens de l’éternité. C’est le troisième œil de la tradition hindoue, et par là il obtient l’immortalité virtuelle, car jusque-là il est encore dans l’état humain.
 






 





La danse finale du Maître.
 
 





La quatrième danse faite par le maître tout seul est la dernière phase du SEMÂ, dont le sens se rapporte à " la conquête effective des états supérieurs de l’être". (Voir Note g). Le shaykh danse en tournant sur la ligne droite au centre du cercle. Jusque-là il était resté immobile, veillant scrupuleusement sur les derviches. Cette non-participation à la danse se rapporte à la transcendance divine, et son entrée dans la danse symbolisera l’immanence divine. Avec cette danse du shaykh, l’unité viendra couronner l’effort de l’homme. La ligne droite est la voie la plus courte, qui mène à l’Union. Mais les derviches n’ont pas le droit d’y marcher, seul le maître peut se le permettre. Cette ligne symbolise également les deux mondes exotérique et ésotérique qui, tout en se touchant, sont séparés par elle. Seul le maître, en qui l’Unité est réalisée, ou le Grand Œuvre, peut marcher sur elle. Ce qui signifie qu’il a atteint à la parfaite maîtrise des deux mondes il se place au centre du cercle, il donne l’image réalisée d’un des noms d’ALLAH : "Maître des mondes", dans la sourate d’Al-Fâtihâ.
 
 

Après Sa danse, le maître revient à sa place et le SEMA " s’arrête " un chanteur psalmodie le Coran. La récitation coranique est une réponse de Dieu, signe que le Grand Œuvre est accompli ; la matière a atteint Sa perfection. Le retour du maître à sa place symbolisera la subsistance (al-baka), après l’extinction de l’ego (al-jânb) dans le Divin. Mais une fois l’Union totale, la Transmutation alchimique réalisées, l’homme atteint l’état de "soufi", et dès lors, ayant fait l’expérience suprême, le soufi sera "celui pour qui l’or et la boue ont la même valeur". La fin de la danse, le retour au monde dans l’état de "subsistance", correspondent à la réalisation "ascendante". Jusque-là la Création était une illusion ; l’homme véritable comprend après la "réalisation" que le monde, la création, participent du Divin. Lumière sur Lumière.
 
 


Ainsi se termine le SEMA ; il sera suivi de quelques autres salutations et d’une séance de "dhikr mawlawî (Hû — Lui)". Ensuite, le maître, en qui se réalise la communion de tous, se dirige lentement vers la sortie, suivi des derviches et de l’orchestre. L’image du cercle, symbole de la totalité et de la perfection, sera ainsi manifestée. Désormais, c’est la multitude qui dépend de l’Unité.
 






Samā‘  Le Sema, cérémonie Mevlevi
 
UNESCO Patrimoine culturel immatériel de l’humanité
 
 

Pour les articles homonymes, voir Sema.
 
Le Sema, cérémonie Mevlevi *
 
Patrimoine culturel immatériel
 
de l’humanité
 
 

Derviches tourneurs
 
Pays * Turquie
 
Région *Europe et Amérique du Nord
 
ListeListe représentative
 
Fiche00100
 
Année d’inscription2008
 
Année de proclamation2005
 
* Descriptif officiel UNESCO
 
 

Le Semah, rituel Alevi-Bektaşi *
 
Patrimoine culturel immatériel
 
de l’humanité
 
Pays * Turquie
 
Région *Europe et Amérique du Nord
 
ListeListe représentative
 
Fiche00384
 
Année d’inscription2010
 
* Descriptif officiel UNESCO
 
 


Samā‘ (Arabe: سماع) est un mot arabe (turc: semâ) qui renvoie à la notion d’audition spirituelle. Samā‘ désigne également une danse giratoire sacrée des derviches tourneurs soufis Mevlevi qui s’exécute dans le semahâne (salle de danse du monastère). On l'appelle aussi ayin. Née en Turquie en l'honneur du mystique musulman Djalâl ad-Dîn Rûmî, elle s'est propagée en Syrie et en Égypte. Le samā‘ fait partie des pratiques spirituelles du soufisme, parmi lesquelles on trouve notamment le dhikr (invocation des noms divins), la lecture du Coran, la récitation de prières sur le prophète de l'islam Mahomet. Les séances de samā‘ constituent une modalité particulière de l’invocation divine au sein des confréries soufies.
 
Les poésies mystiques chantées dans le samā‘ associent les thèmes de l’amant et de l’aimé, de l’ivresse spirituelle, de la nostalgie de la séparation de l'être bien aimé ou encore de notre divine essence. Ces états intérieurs accentués par la danse sont les effets de l’ivresse spirituelle qui se traduit par une sensation de submersion et un oubli de soi-même dont l’aboutissement est l’extinction dans la présence divine. Ainsi l’audition mystique agit-elle comme un remède pour les âmes et une nourriture pour les cœurs.
 
Le samā‘ a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO en 2008
MEVLANA  Djalāl ad-Dīn Muḥammad Rūmī, en Persan :
 
 

(septembre 1207 - Konya, 17 décembre 1273) est un mystique musulman Perse (Iranien) qui a profondément influencé le soufisme. Il existe une demi-douzaine de transcriptions du prénom Djalal-el-dine, « majesté de la religion » (de djalal, majesté, et dine, religion, mémoire, culte). Il reçut très tôt le surnom de Mawlānā, qui signifie « notre maître ». Son nom est intimement lié à l'ordre des « derviches tourneurs » ou mevlevis, une des principales confréries soufies de l'islam, qu'il fonda dans la ville de Konya en Turquie. Il écrivait tout ses poèmes en persan (Iranien).
 
La plupart de ses écrits lui ont été inspirés par son meilleur ami, Shams ed Dîn Tabrîzî, dont le nom peut être traduit par « soleil de la religion » et qui était originaire de tabriz, ville se trouvant en Iran.
 
Il était originaire de cité de Balkh dans le nord de l'Afghanistan actuel.
 
Rûmî a également repris à son compte les fables d'Ésope dans son principal ouvrage le « Masnavî » (« Mathnawî », « Mesnevi »), que La Fontaine retraduira partiellement à son tour en français. Les Iraniens d'aujourd'hui continuent d'aimer ses poèmes. Reconnu de son vivant comme un saint, il aimait à fréquenter les chrétiens et les juifs tout autant que ses coreligionnaires.
 
L'UNESCO a proclamé l'année 2007 année en son honneur pour célébrer le huitième centenaire de sa naissance. Ainsi, le 30 septembre furent organisées à Konya des festivités avec la participation des derviches tourneurs et d'ensembles de musique traditionel d'Iran.
 


SEMA
 
La danse et les derviches tourneurs
 
 



Les derviches tourneurs se déplacent d’abord avec lenteur et font trois fois le tour de la piste. Chaque derviche se tourne vers celui qui est derrière lui et tous deux s’inclinent avant de reprendre leur circumambulation. Ce déplacement est le symbole des âmes errantes cherchant à la périphérie de l’existence. Après le troisième tour, le maître prend place sur son tapis et les danseurs attendent.
 


Alors les chanteurs chantent et quand ils s’arrêtent, les derviches, en un geste triomphal, laissent tomber leur manteau noir, dévoilant leur vêtement blanc. La chute du manteau est celle de l’illusion. Quand le manteau noir qui représente l’enveloppe charnelle est abandonné, c’est la résurrection. Les derviches, bras croisés sur la poitrine, mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, sur eux-mêmes puis écartent les bras, la main droite tournée vers le ciel pour récolter la grâce de Dieu et la main gauche tournée vers le sol pour la dispenser vers les hommes. En même temps qu’ils tournent sur eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers, l’homme tourne autour de son centre, son cœur, et les astres gravitent autour du soleil. Ce double symbolisme cosmique est le véritable sens du Sema : toute la création tourne autour d’un centre.
La vie de Mevlana, sa pensé et les oeuvres de Mevlana, la confrérie des derviches tourneurs, ou mevlevi, le sema et son symbolisme:
La vie Mevlana, fondateurs de l'ordre des Derviches Tourneurs
Celaleddin Rumi ou Mevlana  est le plus grand philosophe et mystique de l’Islam Turc.  On l’appelle Rumi parce qu’il vivait  en Anatolie, pays des Romains pour les Arabes.  Le surnom de Mevlana qui lui fut donné par ses disciples signifie "notre maître".
 
Mevlana naquit en à Balkh en 1207, au Khorasan, région frontière entre l’Iran et l’Afghanistan. La famille de Mevlana était très connue et son père un éminent théologien. En 1219, la famille de Mevlana quittèrent Balkh à cause des invasion  de Mongols.= et ils s’installèrent à Laranda (actuelle Karaman en Turquie). Après la mort de son père en 1232, il alla en Syrie , Alep et Damas où il poursuit ses études et perfectionna ses connaissances théologiques. Puis il retourna à Konya en 1240 où il enseigna la Jurisprudence et la loi canonique. 
 
En 1244, la rencontre capitale de sa vie avec un derviche errant, Sems ( Shams ) de Tabrizi, qu’ il devint son maître  spirituel. En 1247, Sems de Tabrizi fut assassina. La mort de Sems de Tabrizi inspira Rumi ( Mevlana ) le Sema, ou la danse de derviches tourneurs, manifestation spontanée d’émotion et de douleur, qui fut créa le soufisme.  Mevlana compose son « Divan », odes qui sont des chants d’amour et de deuil. Mevlana mourut le 17 décembre 1273.  Aujourd’hui Le sema, ou danse des derviches tourneurs  est exécuté lors de fêtes commémorant la mort de Mevlana  le  17 décembre chaque année à titre de spectacle et non de cérémonie religieuse.
Le sema et son symbolisme (ordre derviches tourneurs )
Le Sema, ou danse sacré des derviches tourneurs, s’exécute dans le  Semahane ( salle de danse ). Le derviche est vêtu d’une longue tunique blanche, couleur du deuil pour la mort, et d’une toque cylindrique en poil de chameau, symbole de la pierre tombale. La main droite levée vers le ciel, il recueille la grâce divine qu’il transmet à la terre par la main gauche tournée vers le sol. Mevlana, derviches tourneurs Il pivote sur le pied gauche en traçant un cercle au tour de la piste   pour parvenir à l’extase qui lui permettre de s’unir à Dieu. La danse est dons est une prière, un dépassement de soi à l’union suprême avec Dieu. Elle produit la rotation des planètes au tour de soleil. Le cercle est également le symbole de la Loi religieuse qui embrasse la communauté musulmane toute entière et ses rayons symbolisent  les chemins menant au centre où se trouve la vérité suprême, le dieu unique  qui est l’essence même de l’Islam.
La pensée de Mevlana et le soufisme
La pensée de Mevlana exerça une très grande influence sur la littérature, la musique et l’art. Pour Mevlana, le but essentiel est de rejoindre  l’existence divine. La recherche de Dieu, ou recherche de l’unité, est d’ailleurs au centre de l’Islam. On peut y accéder  par la mort ou par l’amour de tout ce qui existe, puisque tout le monde est reflet de Dieu. Aimer l’humanité, c’est aimer le Dieu. Par l’amour on atteint l’être absolu, l’anéantissement en Dieu. 
 
Peu Importe le chemin suivi pour rejoindre Dieu : chrétiens, juifs, bouddhistes, musulmans ont le même Dieu.  Mevlana ( Rumi ) et plusieurs sultans seldjoukides avaient épousé des femmes d’origine chrétienne qui restent libres de conserver leur religion. L’appel de Mevlana s’adresse à tous : « Viens, qui tu sois, croyant ou incroyant, viens, c’est ici la demeure de l’espoir. » Cette attitude œcuménique trouve sa place dans le monde turc qui a toujours fait preuve d’une extrême tolérance dans le domaine religieux. 
 
Le soufisme, source d’inspiration pour la poésie et la musique, a exercé une grande influence sur la littérature. Les poètes soufis ont composé dans la langue des poèmes et des chants destinés à la dévotion populaire.    
La vie et les Confréries des derviches
Les derviches vivaient dans la prière, la méditation et l’obéissance absolue au sheikh ( supérieur ). La remise du froc de laine (  suf ) habits des prophètes qui ont précédé Mohamed, comme Jésus, était le symbole de leur investiture. Les nouveaux initiés devaient se livrer à des pratiques ascétiques et jeûne : menant 1001 jours, ils devaient exécuter les travaux les plus rebutants, dormir sans matelas et accepter d’être battus pour leurs fautes, car c’est la pratique de l’humanité et de la charité que l’on parvient à Dieu. 
 
Les confréries des derviches (« pauvres » en Persan) tourneurs, ou  Mevlevis, est appelée tarikat. Le chemin dont il s’agit est l’itinéraire de l’âme vers le Dieu tracé par l’entraînement spirituel. Après la mort de Mevlana, son fils Sultan Veled réorganisé la confrérie et crée l’ordre des "Mevlevis" (derviches tourneurs.
 
Office du tourisme de Konya : 
Juste en face de mausolée de Mevlana (Musée de Mevlana, derviches tourneurs)
Mevlana Caddesi. No :65 Konya - Turquie
Téléphone  : 00 90 - 332 351 10 74 – 350 64 89
Fax : 00 90 - 332 350 64 61
Mevlana - Derviches tourneurs
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À partir du 01.01.2016
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