Kanuni Sultan Süleyman
 
(Soliman le Magnifique
 
Ombre de Dieu sur la terre)
MUSÉE NATIONAL DE LA RENAISSANCE
 
Château d’Ecouen  95440 ECOUEN 
 
musee-renaissance.fr
 
L’exposition évoque les relations entre deux grands souverains de la Renaissance, que le contexte historique et religieux aurait dû mener à l’affrontement et dont l’alliance marquera les rapports franco-turcs pour plusieurs siècles.
 
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Des objets d'exception retracent l’entente cordiale entre  le roi de France et le Sultan Ottoman
FRANÇOIS 1er ET SOLIMAN LE MAGNIFIQUE LES VOIES DE LA DIPLOMATIE A LA RENAISSANCE
Relations entre la Turquie et la France
des vues de l'histoire de 1525 à aujourd'hui
Lettre de Soliman le Magnifique à François Ier
Soliman devint l'un des monarques les plus éminents de l'Europe du XVIe siècle et présida à l'apogée de la puissance économique, militaire, politique et culturelle de l'Empire ottoman. Il mena ses armées à la conquête des bastions chrétiens de Belgrade, de Rhodes et de la Hongrie avant de devoir s'arrêter devant Vienne en 1529. Il annexa la plus grande partie du Moyen-Orient lors de ses guerres contre les Séfévides d'Iran ainsi que de larges portions de l'Afrique du Nord jusqu'en Algérie. Sous son règne, la marine ottomane, menée notamment par le grand amiral Barberousse, domina la mer Méditerranée, la mer Rouge et le golfe Persique.
 
À la tête de son empire en pleine expansion, Soliman instaura des changements législatifs concernant la société, l'éducation, l'économie et le système judiciaire. Son code civil (appelé Kanun) fixa la forme de l'empire pour plusieurs siècles. Soliman était non seulement un poète et un orfèvre, mais également un mécène qui supervisa l'âge d'or de l'art, de la littérature et de l'architecture ottomanes. Il parlait quatre langues : le turc ottoman, l'arabe, le tchaghataï (un dialecte turc apparenté à l'ouïghour) et le persan.
 
En rupture avec les traditions ottomanes, Soliman épousa l'une des filles de son harem, Roxelane, qui devint Hürrem Sultan ; ses intrigues en tant que reine à la cour et son influence sur le sultan assurèrent sa renommée. Leur fils, Selim II, succéda à Soliman à sa mort en 1566. Le règne de près de 46 ans de Soliman demeure le plus long de l'histoire de l'Empire ottoman.
Soliman Ier (turc ottoman : سلطان سليمان اول (Sultān Suleimān-i evvel) ; turc : I. Süleyman) est probablement né le 6 novembre 1494 à Trébizonde (Trabzon) dans l'actuelle Turquie et mort le 7 septembre 1566 à Szigetvár dans l'actuelle Hongrie. Fils unique de Selim Ier Yavuz, il fut le dixième sultan de la dynastie ottomane de 1520 à sa mort en 1566. On le nomme Soliman le Magnifique en Occident et le Législateur en Orient (turc : Kanuni ; arabe : القانونى, al‐Qānūnī) en raison de sa reconstruction complète du système juridique ottoman.
Soliman le Magnifique
Ce document, rédigé sur un long rouleau de papier entoilé, fait partie du groupe de lettres adressées par le sultan Soliman au roi de France François Ier entre 1525 et 1543. Le sultan entretenait aussi une correspondance avec différents éminents interlocuteurs européens, reflet du rôle de l’empire ottoman dans le Bassin méditerranéen au XVIe siècle. Dans le cadre de ces échanges diplomatiques, les drogmani (interprètes) jouaient un rôle de premier plan. Avec la France, les sujets de discussion furent variés : alliance commune contre Charles Quint, privilèges commerciaux, conquêtes militaires, modalités des relations diplomatiques à travers les ambassadeurs.
 
L’année de rédaction de cette lettre, 1536, correspond à la période où la première Capitulation a été conclue entre le vizir Ibrâhîm Pasha et l’ambassadeur français Jean de la Forêt. Les Français furent les premiers à bénéficier de ces accords commerciaux fixant les modalités d’établissement des ressortissants étrangers dans l’empire ottoman.
 
La lettre débute par une formule d’invocation et l’énoncé de la titulature du sultan (quatre lignes dorées en thuluth). Suit le contenu même, en écriture dîwânî noire. Le bilan de la campagne victorieuse d’Irak contre les Safavides est rapporté au roi de France. S’ensuit une partie consacrée à la réception de l’ambassadeur Jean de la Forêt par le diwân et à l’installation d’un ambassadeur permanent à Istanbul. Le monogramme impérial (tughra) enluminé en bleu et doré est apposé entre les deux parties du texte. Le nom du sultan rédigé en gros caractères naskhî vient occuper un large espace au-dessus des deux dernières lignes du texte.
 
L’administration, de plus en plus organisée sous le règne de Soliman, assiste le pouvoir central incarné par le sultan et le diwân, conseil suprême de l’État dirigé par le Grand Vizir. Une importante bureaucratie est au service de la chancellerie et la rédaction des documents officiels était confiée à des secrétaires oeuvrant par spécialité. Les lettres sont toujours rédigées selon le même plan : invocation, titulature, contenu.
 
Les styles thuluth et naskhî appartiennent aux six styles de calligraphie (Aklâm-i sitta) apparus après la réforme mise en œuvre à l’époque abbasside, abondamment utilisés dans la calligraphie ottomane notamment dans les corans. L’écriture dîwânî, avec ses lettres serrées pour éviter les contrefaçons, est particulièrement utilisée pour les documents officiels.
 
L’élément le plus frappant de ce document est la tughra, qui ressort spectaculairement de la feuille. Elle comporte les lettres principales du nom du sultan, son titre, la kunya (« père de ») et la formule « toujours victorieux ». Elle est réalisée par un secrétaire spécialisé (tugrakes), d’après un dessin du nisanci, un membre titulaire du diwân. L’enluminure y apparaît dès le XVIe siècle pour les documents importants. Ici, le sere bleu et or est décoré d’enroulements végétaux dorés ornés de petits motifs foliés et fleuris complétés par un semis de motifs en « s » évoquant des nuages tchi. On reconnaît le répertoire utilisé dans les ateliers ottomans dès le second quart du XVIe siècle, et qui apparaît abondamment sur la céramique d’Iznik. Le style « tughra » désigne d’ailleurs une série de pièces ornées de motifs concentriques bleus agrémentés de feuilles et de fleurs. Quant aux nuages tchi d’origine chinoise, abondamment représentés dans l’art timuride au XVe siècle, ils sont présents sur divers supports des arts décoratifs ottomans : céramique de la première moitié du XVIe siècle, textiles, reliures,...
 
Plusieurs lettres ottomanes sont conservées dans les collections des pays qui entretinrent au XVIe siècle des rapports diplomatiques avec l’Empire.
Titre / dénomination : Lettre de Soliman le Magnifique à François Ier
Lieu de production : Istanbul, Turquie
Date / période : 6 avril 1536
Matériaux et techniques : Papier collé sur toile ; encre noire avec traces de poudre d’or, peinture dorée
Dimensions : L. 2,04 m ; l. 35,5 cm
Ville de conservation : Paris
Lieu de conservation : Bibliothèque nationale de France
Numéro d'inventaire : Ms. or. Suppl. turc 822
Lettre de Soliman le Magnifique à François Ier
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